Logique de guerre : de Marseille à Mantes-la-Jolie
Article mis en ligne le 8 décembre 2018

par Collectif
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Le samedi 1er décembre 2018, Zeineb Redouane, 80 ans, habitant à l’entrée du quartier de Noailles (qui a connu, la même semaine, la catastrophe de l’effondrement d’un immeuble insalubre, rue d’Aubagne, qui a fait 8 morts) est touchée par un tir de grenade, type MP7, alors qu’elle s’apprêtait à fermer les volets de sa fenêtre, au quatrième étage.
Selon le procureur de la République à Marseille, Xavier Tarabeux, « on a trouvé dans son appartement deux plots de caoutchouc provenant de grenades utilisées par les forces de police ». Il s’agit de deux capsules actives de gaz projetées par les grenades MP7. Une fois lancée, chacune libère sept palets qui dégagent un épais nuage gazeux. Il semble à ce jour clair que Zeineb Redouane a été victime d’un tir provenant de CRS ou de gendarmes mobiles, dans de petites ruelles d’un quartier populaire. « Mais comment ils peuvent tirer au quatrième étage ?, a dit Zeineb depuis son lit d’hôpital. Les policiers m’ont bien visée. Ils ont tiré avec un pistolet, puis ils sont montés dans la voiture et sont partis. Peut-être qu’ils pensaient que j’avais le téléphone portable pour filmer ». Opérée en urgence, la victime est décédée d’un choc opératoire.
Mais depuis, il y a également eu ces trois lycéens défigurés par des tirs tendus de flashball. On a assisté durant les dernières semaines à une utilisation massive d’armements pouvant provoquer d’importantes blessures allant jusqu’à l’amputation, des infirmités permanentes comme des énucléations et autres atteintes à des organes vitaux. Plusieurs des manifestant.e.s ont été blessé.e.s par des tirs de grenades GLI-F4.
Le spectacle de cent cinquante lycéen.ne.s de Mante-La-Jolie, humilié.e.s, agenouillé.e.s mains derrière la nuque sous le contrôle des CRS est une nouvelle démonstration de cette humiliation que l’on fait subir à des adolescent.e.s issu.e.s des quartiers populaires (le plus jeune avait à peine 12 ans…) désireux et désireuses de protester contre la politique gouvernementale en matière d’enseignement.
Selon les propres services du Ministère de l’Intérieur, le bilan des manifestations qui se sont déroulées les derniers jours dans le cadre du mouvement porté par les Gilets Jaunes atteint à ce jour le nombre effarant de 820 blessés chez les manifestant.e.s, 1600 arrestations et 1400 placements en garde à vue.
Pour la quatrième journée de protestation des Gilets Jaunes de ce samedi 8 décembre, le pouvoir jette de l’huile sur le feu en prétendant que ce jour là « va être le théâtre de violences extrêmes et provoquera, peut-être, des morts ». On va jusqu’à faire appel à l’armée pour venir en soutien aux CRS pour tenir les points névralgiques de la capitale.

En tant que Collectif « Ni Guerre, ni Etat de Guerre » :

1) Nous réclamons que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de Zeineb Rédouane

2) Nous dénonçons cette logique de guerre où les CRS ont de nouveau reçu l’ordre, du pouvoir politique, de « pacifier », comme le déclare un CRS dans l’Humanité du 5 décembre, afin d’empêcher toute forme de manifestation pacifique.
Le Collectif réclame d’urgence l’arrêt de l’utilisation contre les manifestant.e.s de ces armes supposées non létales, mais qui se révèlent de véritables armes de guerre qui mutilent et parfois tuent.

3) Le Collectif appelle à une mobilisation de toutes les forces démocratiques et progressistes visant à mettre fin à la politique gouvernementale de « pacification » qui rappelle les sombres moments de l’histoire contemporaine de ce pays.

(Nous renvoyons également vers ce communiqué de la CGT : www.cgt.fr/comm-de-presse/communique-commun-cgt-unl-unl-sd-gardes-vue-violences-policieres-une-repression )

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